Vive les femmes en Cuisine !

On traite souvent les grands chefs de « machos » tant il est vrai que le pourcentage de femme dans les cuisines est souvent proche de zéro.
Pourtant je n’ai pas le sentiment de faire de sexisme et je donne aussi bien sa chance à une femme qu’à un homme qui désire rejoindre ma brigade. Je dois d’ailleurs avouer, n’en déplaise à ces messieurs, que j’ai souvent bien plus de satisfactions avec les filles qui sont, en règle générale plus travailleuses et appliquées.

Aude Rambour, qui a travaillé près de 3 ans avec moi et qui a maintenant rejoint les cuisines d’Anne-Sophie Pic en est un excellent exemple. C’est une fille formidable qui a su s’accrocher et réussir à s’imposer par son travail et sa volonté.

Je pense que le fait de trouver peu de femmes dans nos cuisines tient davantage à la pénibilité du travail qui demande de soulever des charges assez lourdes et aux horaires peu adaptés lorsqu’elles deviennent mères. Il est alors très difficile de concilier métier et vie de famille.

Toutefois, je suis sûr que d’ici peu on trouvera beaucoup plus de femme dans nos cuisines comme c’est déjà le cas dans d’autres pays comme en Italie, aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Espagne.

Nul doute que l’exemple de leurs aînées saura susciter de nombreuses vocations. On trouve en effet de plus en plus de femmes « chefs » qui ont parfaitement réussi et qui proposent une cuisine pleine de talent et de sensibilité. Le meilleur exemple chez nous est Anne-Sophie Pic, encore elle, qui à obtenu 3 étoiles Michelin cette année et qui vient d’être élue « Chef de l’année » par ses pairs.

J’ai la chance d’avoir, moi-même, ma fille Marine qui s’est lancée dans cette aventure et qui vient de commencer un BTS cuisine à Biarritz après avoir passé un BEP et un BAC pro obtenu avec mention bien (Papa est très fier !).

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Marine et Papa

A l’occasion de sa rentrée nous sommes allés dîner au restaurant « Arzak » situé à San Sébastien en Espagne dont les cuisines sont dirigées par Juan Mari, le père, et Elena, la fille. Tout un symbole pour nous qui seront peut-être un jour appelés à travailler ensemble.

Le dîner qui nous a été servi était vraiment exceptionnel avec des plats très créatifs et plein de saveurs mais ce qui a été le plus enrichissant pour nous c’est la visite des coulisses de l’établissement et du jardin secret d’Elena : son bureau, son laboratoire d’essais et son « coffre-fort à épices », véritable caverne d’Ali-baba regroupant des centaines de boîtes renfermant des condiments du monde entier.

Nous avons passé la fin de soirée ensemble et Marine à pu discuter avec Elena. J’avoue que j’étais sous le charme de cette jeune femme pleine de talent et animée d’une passion formidable pour son métier et d’une volonté farouche de réussir.

Nous avons aussi pleins de points communs pour avoir repris l’un et l’autre des maisons de famille, lourdes de traditions remontants à plusieurs générations et avec des pères possédants une forte personnalité.

Ce qui m’a rendu le plus heureux ce sont les yeux de ma fille qui brillaient d’admiration, peut-être essayait-elle de s’imaginer dans quelques années avec son père en cuisine ?
C’est en tous les cas un rêve pour moi, qui, je l’espère, deviendra un jour réalité.

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