Baisse de la TVA : Tous des voleurs et des profiteurs
S’il y a bien un sujet qui a le don de m’énerver en ce moment c’est celui de la TVA dans la restauration. Impossible d’échapper à ce débat relancé sans cesse par les médias et nos politiques de tous bords. Elle est présentée comme un avantage qui nous a été accordé sans aucune contrepartie et qui va directement dans nos poches alors que c’est loin d’être le cas.
Pour replacer les choses dans leur contexte, il faut reprendre l’historique de cette mesure qui était une promesse électorale de Jacques Chirac lors de sa première campagne électorale en 1994. Il aura donc fallu attendre plus de 15 ans pour qu’un président et son gouvernement aient le courage politique de respecter cet engagement en arrachant un accord européen !!!
Cette demande n’avait pas été faite par les restaurateurs sans raison !
Elle devait rétablir un équilibre entre une TVA à 5,5% sur les achats et une TVA à 19,6% sur les ventes et soulager les entreprises doublement pénalisées par la lourdeur de leur masse salariale et des investissements souvent très importants.
La Côte Saint Jacques en est un excellent exemple…
Nous n’avons pas attendu la baisse de la TVA pour faire des investissements (plus de 6,5 millions d’euros depuis 10 ans…)
Nous n’avons pas attendu la baisse de la TVA pour embaucher (nous sommes passés de 45 à 72 salariés en 9 ans…)
Dans ces conditions, comment peut on nous demander aujourd’hui, alors que nous subissons comme tout le monde la crise, de redistribuer les bénéfices de la TVA que nous n’avons pas.
Le silence des responsables de notre profession à ce sujet est assourdissant ! Les guerres de tranchée de nos syndicats pitoyables !
Je n’entends personne dire qu’aujourd’hui, cette baisse de TVA ne compense pas la baisse de chiffre d’affaires de nombreux établissements qui se demandent, en ce moment, si les banques vont jouer le jeu pour leur permettre de passer l’hiver.
Je n’entends personne dire qu’en cette période de crise notre secteur a maintenu ses emplois, il en a même créé. Bien sûr, pas autant que ce que l’on avait espéré mais il faut quand même aller voir ce qui se passe autour de chez nous et dire que dans certains pays comme l’Espagne les effectifs ont été réduits de manière drastique !
Je n’entends personne dire que malgré cette conjoncture très difficile l’industrie du tourisme reste l’un des moteurs de notre économie et que nos entreprises ne sont pas délocalisables…
Malgré cela, la majorité des restaurateurs (et non 15 à 20% comme on peut l’entendre ici ou là) a joué le jeu. Nous avons, nous même, baissé nos prix sur 8 produits et aucun de nos menus n’augmenteront dans l’année à venir. D’autre part, le consommateur n’est pas dupe et nul doute qu’il favorisera ceux qui ont joué le jeu.
Et puis il faut rester sérieux, des milliards d’euros ont été injectés dans tous les secteurs de l’économie : banque, automobile, industrie, agriculture… Malgré cela, des centaines de milliers d’emplois ont été détruits et personne ne crie au scandale.
Le débat sur les niches fiscales n’a fait qu’un très rapide tour de piste sur le devant de la scène, peut-être tout simplement parce qu’il concerne de très près ces mêmes personnes qui jugent tellement indécente la baisse de la TVA…et nous en parle à longueur de journée…
Nous ne sommes ni des voleurs, ni des profiteurs… Soyez sûr que dès que les conditions économiques et que nos comptes d’exploitation nous le permettrons nous jouerons le jeu au-delà des espérances du gouvernement et nos collaborateurs en seront les premiers bénéficiaires ! En attendant, que l’on nous laisse travailler et nous occuper de nos clients !
